7 septembre 2025
Hier, Beyrouth a accueilli la conférence générale inaugurale du Conseil Parlementaire Asio‑Africain au Parlement libanais, sous le patronage de la Fédération internationale des syndicats d’Asie et d’Afrique (IFAATU) et avec le parrainage du Président de la Chambre des députés du Liban, Nabih Berri, représenté par le Vice‑Président Elias Bou Saab.
La conférence a réuni :
• Mohsen Al‑Mandalawi, Président du Conseil Parlementaire Asio‑Africain,
• Saud Rashid Al‑Hujailan, Premier Vice‑Président du Conseil et Président de l’IFAATU,
• Le Président de la Chambre des représentants du Nigéria,
• Un grand nombre de présidents de parlements et représentants des parlements d’Asie et d’Afrique,
• Des délégations de 37 pays.
La conférence a été présidée par Al‑Mandalawi, et le discours d’ouverture a été présenté par Fayez Al‑Shawabkeh, Secrétaire Général du Conseil.
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Bou Saab prononce le discours du Président Berri
Dans son allocution au nom du Président Nabih Berri, Bou Saab a salué les présidents de parlements, les vice‑présidents, et les délégations participantes, déclarant :
« Le monde aujourd’hui est témoin de l’émergence d’un nouveau modèle politique, sensiblement différent des fondements sur lesquels beaucoup de nations se sont construites au cours des deux derniers siècles.
Ce modèle politique hybride est de plus en plus dominé par des agendas économiques individuels plutôt que par la volonté politique collective. L’activité politique n’est plus l’apanage exclusif des politiciens : les hommes d’affaires s’engagent dans la politique comme partie de leurs entreprises commerciales et lucratives. Même la fabrication militaire est devenue aujourd’hui une sorte de commerce et de gestion d’entreprise, et non simplement un outil de défense et de puissance. »
Il a poursuivi :
« Nous comprenons maintenant qu’une exigence de ce nouveau modèle politique est la coloration des intentions, la falsification des faits.
D’où l’importance cruciale de vos rencontres, car des groupes de pression disséminés à travers le monde ont œuvré à promouvoir des objectifs douteux sous le couvert de l’honneur, de la protection de l’humanité et de la lutte contre les menaces — alors que nous savons tous que la boussole de la vérité pointe ailleurs.
Je vous appelle à constituer un front uni pour résister à ces efforts malveillants de lobbying. Certes, les questions que nous affrontons peuvent sembler différentes, mais soyez assurés : c’est la même main perverse qui compromet notre avenir à tous. »
Bou Saab a ajouté :
« L’homme sensé doit aujourd’hui anticiper l’avenir avec souplesse, réévaluer ses intérêts à la lumière de valeurs nobles — et non pas réévaluer les principes, surtout ceux fondés sur un principe authentique qui ne peut être compromis.
Lire le passé et en retenir les leçons ne suffit plus à garantir le succès dans la prise de décision et la planification de l’avenir. »
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Fondation du Conseil Parlementaire Asio‑Africain
Al‑Mandalawi, Premier Vice‑Président de la Chambre des représentants iraquienne, a présidé la séance officielle et annoncé la création du Conseil Parlementaire Asio‑Africain.
Dans son discours inaugural, il a déclaré :
« Aujourd’hui, nous posons les bases d’un conseil parlementaire conjoint, d’une plate‑forme active qui parle au nom des peuples, défend leurs causes, comble le fossé entre les décisions politiques et les aspirations populaires, et sert de socle pour une renaissance collective bâtie sur la démocratie et couronnée par la dignité humaine.
Cette initiative vise à restituer à nos deux continents leur juste place dans la formation des décisions mondiales. »
Il a ajouté :
« Les crises que traverse le monde — conflits géopolitiques, changement climatique, inégalité économique, insécurité alimentaire, pénurie de ressources, endettement croissant, domination de la prise de décisions internationale au nom du soi‑disant ordre mondial — démontrent toutes l’importance urgente pour les parlements d’agir comme des ponts entre les peuples, des gardiens de la performance politique, et des alliés de la société civile.
Si les peuples de nos continents sont habilités et unis, ils peuvent émerger comme une force vivante capable d’action et de changement. »
Al‑Mandalawi a également appelé à l’organisation de conférences régulières destinées aux jeunes et aux femmes parlementaires pour promouvoir l’autonomisation politique, et à lancer un réseau de solidarité pour les causes justes — parmi lesquelles figure en tête la cause palestinienne et le droit de son peuple à établir son État indépendant avec Jérusalem pour capitale.
Il a insisté sur le fait que les parlements doivent être à la hauteur de ce moment historique, en forgeant un nouveau partenariat entre l’Asie et l’Afrique non fondé seulement sur l’émotion, mais sur des intérêts communs, la coopération pour faire face aux défis partagés — et non la concurrence pour se partager les miettes.
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Discours de Saud Al‑Hujailan
Saud Rashid Al‑Hujailan, Premier Vice‑Président du Conseil et Président de l’IFAATU, a prononcé un discours d’ouverture dans lequel il a dit :
« Dès le départ, je tiens à exprimer ma profonde gratitude et mon appréciation à Son Excellence le Président Nabih Berri, et à tous ceux qui ont participé à l’organisation et à l’accueil des réunions du Conseil Parlementaire Asio‑Africain.
Nous avons été chaleureusement accueillis et avons bénéficié d’une excellente organisation au sein du vénérable Parlement libanais. »
Il a ajouté :
« C’est un honneur de nous réunir sous le toit de cette initiative parlementaire exceptionnelle, conduite par un leader sage, doté d’une vision claire et de principes inébranlables — Son Excellence le Président Nabih Berri, à qui nous témoignons notre plus profond respect et admiration. »
Al‑Hujailan a souligné :
« Depuis la fondation de la Fédération internationale des syndicats d’Asie et d’Afrique, nous nous sommes efforcés d’avoir un impact tangible et qualitatif dans le domaine du travail, d’améliorer les droits des travailleurs et d’élever la performance syndicale.
Nous croyons que le travail syndical n’est pas seulement un moyen de préserver les droits, mais aussi un pilier du développement et de la productivité, à travers lequel la justice se réalise et les devoirs s’accomplissent sans partialité ni négligence. »
Il a poursuivi :
« Aujourd’hui, notre Fédération représente des millions de travailleurs et de forces de travail à travers l’Asie et l’Afrique, dans une rare manifestation d’unité qui a contribué à améliorer la productivité et la qualité.
Cet accomplissement marque le début d’une ambition encore plus grande, si Dieu le veut. »
Al‑Hujailan a noté :
« Gérer et faire progresser des sociétés est une tâche vivante et évolutive qui exige une revue constante et une amélioration continue.
C’est ainsi qu’est née l’idée d’établir un conseil parlementaire conjoint entre l’Asie et l’Afrique pour servir de pont efficace entre parlements et syndicats — une véritable plateforme pour exprimer les préoccupations et transmettre directement la voix des travailleurs et des communautés. »
Il a ajouté :
« En tant qu’organisations syndicales de terrain, nous possédons des outils efficaces pour mesurer l’impact réel des lois et des politiques.
Nous offrons un retour précieux qui peut aider les parlements à façonner les décisions et élaborer des politiques sensibles aux réalités.
Cette intégration du travail syndical et parlementaire représente une opportunité historique de construire un système cohérent répondant aux aspirations de nos peuples à travers les deux continents. »
En conclusion, Al‑Hujailan a déclaré :
« Je sais que notre agenda est chargé de dossiers cruciaux et de débats importants, donc je conclurai en renouvelant notre espoir que ce nouveau conseil parlementaire atteigne les objectifs visés, améliore les vies, favorise la stabilité, le développement et la justice sociale, et renforce la coopération.
Nous mettons à la disposition de ce Conseil estimé notre expérience accumulée au fil des années, convaincus que l’action commune est le chemin le plus court vers un avenir meilleur. »